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Concours de Machines 2017, on y était encore !

Voici deux semaines que le concours est passé et nous commençons seulement a reprendre notre souffle. Si on avait de la mémoire, on ne se lancerait probablement pas sans réfléchir sur ce genre d'épreuve lorsqu'on nous pose la question "Serez-vous là l'an prochain ?" et que nous répondons immédiatement "Mais oui, naturellement !".

Il faut aussi dire que cette année, tout ne s'est pas déroulé comme prévu. Pour commencer, nous avons eu plus d'activité que ce que nous avions prévu à cette période. Lorsqu'on est une (très) petite équipe, cela a tout de suite un impact : aussi important que soit la machine du concours, celle-ci passe après les commandes client. Après tout, ils payent, eux !

Mais le Concours c'est une compétition. Et même si nous n'avons pas réalisé un vélo "pour jouer la gagne", l'approche était la même : en un temps donné (une semaine, en l'occurence) : un objectif : réaliser le meilleur vélo possible ! 

Je vous épargne les détails, mais si on n'a commencé le vélo seulement une semaine avant le jour J, c'est qu'à l'origine il y avait un tout autre projet... qui a mis du temps à tomber à l'eau. Et si le vélo ne jouait pas la gagne (ni même le classement) c'est parce que :

  1. on savait que ce vélo, fait pour une personne et une pratique en particulier, ne répondrait pas de manière optimale au barème du Concours.
  2. on ne réalise pas un vélo de Concours en une semaine.

Donc on a pris l'excuse du Concours pour se mettre dans une situation catastrophique niveau temps de travail, vie de famille et ressources tout en sachant qu'on n'aura pas un vélo "compétitif". Mais on le fait quand même et avec plaisir en plus. Là aussi, il ne faut pas trop réfléchir.

Qu'à cela ne tienne, le vélo est au final exactement ce que je voulais (oui, car c'est le mien, je l'avoue): une randonneuse légère des temps modernes ! Faite pour traverser l'Europe, par exemple. Et sans traîner, de surcroît. Les points primordiaux étant pour moi : le confort et rendement issu d'un positionnement parfait, la fiabilité et l'efficacité de l'ensemble sans aucun superflu.

Le temps donné pour réaliser le vélo étant court, il n'y aura pas d'innovation majeure cette année. Pas de trappe ni de passage interne et tendu des câbles de transmission ! Non, cette année, le cadre allait être une fabrication "standard" avec, Concours oblige, quelques particularités. C'est d'ailleurs l'occasion ou jamais de faire des essais !

Donc, par rapport à un cadre de route "standard", voici les modifications / particularités :

  • Passage de Durite de frein arrière interne au tube oblique avec un guide durite soudé au boîtier de pédalier (BSA)

Rien d'exceptionnel dans l'intégration de la durite, mais la sortie se fait généralement au niveau du tube oblique avec un trou assez grand (oblong) pour faire passer la durite. Là, la sortie est placée au plus bas pour permettre de guider la durite vers la sortie depuis l'intérieur du boîtier.

  • Utilisation de bases au cintrage simple, entre-axe arrière court, pneu de 34 et plateau double 52/39 ovoïde ROTOR.

Dis comme ça, on ne voit pas la difficulté. Elle réside dans la marge donnée au pneu et aux plateaux tout en maintenant un entre-axe court. En gros : tout passe au millimètre. La solution de "facilité" est de soit utiliser un mono plateau (ou un double "VTT") soit de rallonger les bases pour repousser le point large du pneu au-delà des plateaux. Et vu que nous faisons cintrer et ovaliser nos bases par une autre société, celles-ci étaient trop courtes pour l'utilisation des pattes coquilles... Il a donc fallu les rallonger.

  • Intégration complète de câbles électriques pour l'éclairage.

Le problème se situe au niveau de la fourche. Il a fallut creuser des sillons dans ses flans intérieurs pour y poser les câbles partant de contacteurs directement collés à l'intérieurs des portées d'axe : le moyeu dynamo SON Delux 12 "SL" se connectant ainsi directement par contact avec la fourche. Ensuite les câbles rentrent dans le pivot de fourche. Il y a un point de sortie dans la potence où se feront les jonctions avec le phare avant et le câble d'alimentation du phare arrière qui lui, retournera dans le pivot de fourche pour sortir par l'arrière, via un nouveau trou. La fourche carbone (une Columbus FUTURA GRAVEL) se retrouve donc percée de toutes part... Ce n'est pas quelque chose que nous ferions pour un client, mais nous cherchons d'autres solutions d'intégration : à suivre.

Niveau surprises de dernières minutes : le jeu de direction Chris King, livré en rouge, qu'il a fallu peindre en noir et monter à peine sec. Et j'en oublie.

Au niveau périphérie, la position calculée impliquait l'utilisation d'un prolongateur : le PROFILE DESIGN T4+ avec réhausses, choisi pour la possibilité qu'il offre de régler correctement les reposes coudes. Dérailleurs avant et arrière Dura-Ace ainsi que les disques, le reste de la transmission en Ultegra, tout comme les étriers Flatmount. Le développement est assuré par deux plateaux ROTOR Q-Ring 52 /39 montés sur un pédalier carbone et une cassette 11-32. La partie lumière est assurée par un moyeu dynamo SON DELUX 12 SL, un phare avant Supernova E3 Triple 2 et le E3 Tail Light pour l'arrière, fixé en haut de la tige de selle. Le cintre, la potence, la tige de selle et le collier sont en titane. Les roues sont des montages maison en 24 et28 rayons, sur une jante 700 de 23mm de large montée en tubeless avec des HUTCHINSON Black Mamba CX. La bagagerie vient de chez ALPKIT. Le porte bagage est également en titane : Tubus AIRY. Et toujours, ma selle SMP Composit.  Sac de cadre ALPKIT Analoko M et sacoche ALPKIT Toliari 12L.

La finition est un nouvel essai d'anodisation "bronze / or" avec microbillage partiel que nous allons probablement proposer en option l'an prochain.

Vélo terminé à 3H du matin jeudi. Départ pour Amber à 5H30 et à 8H15, je présentais le vélo au Jury.

Je me permets de reproduire ici un message que j'ai rédigé dimanche matin, 2 juillet et publié sur notre page FB (vous pouvez aussi directement aller à la conclusion) :

7h du matin au Monestier, les Cofa' sont en route pour prendre leur place au départ de la Cyclo, j'ai enfin le temps de vous raconter un peu "notre" #concoursdemachines2017.

Tout commence avec un projet ambitieux qui, comme son nom l'indique, présente le risque d'échouer en temps et en heure. On avait pour le coup, basculé dans le "trop" ambitieux. La limite est fine, on l'avait passée.

Jeudi 22, à une semaine du Concours, il fallait prendre la décision de basculer sur une solution alternative. Comme pour beaucoup d'autres artisans, ces 7 derniers jours furent épiques. L'atelier, généralement propre et rangé basculant progressivement vers le champ de bataille le plus éprouvé où l'urgence dictait les choses à faire et celles à reporter à "après".

Progressivement tout est de plus en plus mis à l'épreuve et les protocoles d'utilisation des machines (et de sécurité) de moins en moins respectés. En compétition, on tire sur la corde et on espère qu'elle tiendra.

Peu de temps pour les photos ou pour les messages FB. Et par peu, je veux dire aucun, en fait. "Concours" étant, le cadre ne pouvait pas non plus être totalement standard et on ne peut jamais évaluer correctement le temps nécessaire à une modification qui paraît mineure. Le concours nous pousse réellement dans des zones que l'on cherche absolument à éviter le reste de l'année, où la maîtrise du temps et des procédés est l'objectif.

Le manque de sommeil qui a la particularité de se cumuler au fil des jours, rajoute au challenge une dimension physiologique et psychologique qu'on ne trouve qu'à de rares occasions et sans le savoir, c'est probablement ce point qui m'aura été, quelques jours plus tard, fatal.
Jeudi matin, 5h30, départ pour Ambert. Le vélo est né il y a 2 heures. Tout va bien, on sera à l'heure pour la présentation au Jury. La joie de retrouver les têtes familières du Concours 2016 avec leurs traits tirés jusqu'au sol mais avec le sourire d'être là, à l'Heure, débute ce moment de récompense : Maintenant, il n'y a plus qu'à rouler !

Il restait tout de même à monter les pédales pour effectuer les tous premiers tours de roue. C'est bon, tout fonctionne et c'est une nouvelle satisfaction.

Vendredi matin 4h départ de la première épreuve du concours. Je découvre le vélo de nuit, en course, sur un terrain qui parfois aurait été idéal pour mon VTT. Là aussi, c'est assez unique comme sensation. La journée va être longue et je ne suis pas le seul à perdre volontiers quelques minutes pour ajuster les derniers millimètres de la hauteur de selle, resserrer un jeu de direction et donner quelques tours de clé qui augmenteront la probabilité de finir.

Je vous passe les détails d'une épreuve qui s'annoncera impossible pour beaucoup. Personnellement, après 7h sur la route et les chemins, la pluie me force à sortir ma veste de ma sacoche arrière. Je repars et au bout de quelques mètres seulement, un bruit terrible sonne la fin nette, immédiate et impitoyable de la compétition. La sangle de ma sacoche non refermée s'étant prise dans mon dérailleur arrière, arraché sur le coup, chaîne tordue sur plusieurs maillons.

C'était tout simplement terminé, non pas à cause de la difficulté du terrain ou d'une prise de risque sur la modification d'une fourche carbone percée de toutes parts pour l'intégration des câbles électriques, non, mais sur une erreur d'inattention due à la fatigue.
Tout à l'heure, les vélos seront exposés sur le parc de la Cyclo Les Copains-Cyfac. Mon vélo, amputé de sa chaîne et avec un dérailleurs accroché pour la forme fera de son mieux, à l'instar de tous les autres vélos d'artisans présents, pour vous raconter sa jeune existence et faire, je l'espère, rêver sur ses aventures futures ! 

Conclusion !

Outre le développement du vélo (52/39 - 11-32) qui n'était pas du tout adapté au parcours (typé VTT), le prolongateur, pas plus adapté, en a surpris plus d'un. Le vélo était, comme l'an dernier, clairement différent des autres machines du concours qui partageaient beaucoup de poins communs. Mais ce prolongateur, et le positionnement qu'il induit, signe réellement notre différence d'approche du vélo de "randonnée". Et ce n'est pas plus mal !

De plus, le prolongateur pèse 600g (PROFILE T1+ avec réhausse) et n'est pas valorisé dans le barème. Pourtant, je n'envisagerais pas un vélo "de grande distance" sans prolongateur. Sans garde-boue, oui ! Mais pas sans une position idéale et donc un prolongateur pour reposer ses coudes et ne pas être en appui permanent sur les mains. Alors que faire ? Suivre le barème et troquer le prolongateur contre des gardes boue qui eux reçoivent une bonification ?

De même, nous avons monté une sacoche pour porter la charge obligatoire de 3Kg (charge dont nous ne connaissions pas la nature). Cette sacoche me sert pour le trajet maison / atelier, mais jamais je ne l'utiliserais pour un long trajet. Inutile ! Trop de prise au vent ! Par contre, sac de cadre et sac SUR porte bagage : oui !

Au final, le vélo, avec les sacoches de cadre (220g) et de porte bagage arrière (435g) ainsi que l'outillage de réparation, pesait 11,9Kg (de mémoire) et il a été classé 6ème au poids.

Alors que fallait-il faire ? Suivre le barème et gagner 800g (sans sac de cadre ni prolongateur) ou faire ce que l'on pense être une randonneuse légère et mettre les éléments que l'on juge indispensables ? Il y a là, à mon avis, une question à poser à la prochaine réunion pour le prochain Concours !

Vous me direz, à partir du moment où l'on casse son dérailleur sur une faute d'étourderie, la question du poids ne se pose plus ! Et vous aurez bien raison !

L'intérêt du Concours est d'ailleurs bien... ailleurs.

Je retiens de ce concours 2017 d'excellents moments passés avec mes collègues artisans avec de la joie et quelques larmes. De nouvelles têtes, de nouvelles ambitions, des artisans qui ont de plus en plus la cote, un cadre (Ambert) toujours aussi agréable... Parfait ! Et j'ai hâte de voir ce que nous prépare le futur.

Je tiens également à féliciter le vainqueur de cette édition : PechTregon Cycles avec un vélo surprenant qui se plie de manière astucieuse pour un transport facile, mais aussi tous les autres participants dont vous trouverez les informations sur le site ConcoursDeMachines.com ou sur Facebook avec le #ConcoursDeMachines2017 !

Vive l'artisanat du Cycle !!

Et pour encore plus de photos : Montée du Béal, vélos du Concours et Montée du Béal pour Stéphane, Olivier et Patrick

Une dernière mention personnelle pour féliciter mes "cofa" Stéphane Cognet, Olivier Lyoen qui ont remporté une 1ère et 3ème place sur la Montée du Béal et remercier également Patrick pour être venu avec sa machine de 2016.

 

 

 

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